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RDC : Kinshasa accepte une enquête avec l'Onu

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Publié dans RDC
jeudi, 08 juin 2017 16:49

Kinshasa  a accepté de collaborer avec les Nations unies pour une enquête conjointe sur les violences au centre du pays dans la province du Kasaï .L'engagement de Kinshasa est une réponse à l'ultimatum lancé aux autorités congolaises par le haut-commissaire aux droits de l'homme des Nations unies mardi dernier  à l'ouverture de la 35è session du Conseil des droits de l'homme à Genève en Suisse .

 Les autorités congolaises ont décidé de garder la direction de toutes les enquêtes sur ces violences meurtrières qui ont secoué le centre de la République démocratique du Congo depuis septembre, y compris l'assassinat de deux experts de l'ONU et des policiers décapités par les Kamwina Nsapu . Selon Marie Ange Mushebekwa, ministre des Droits Humains, la justice congolaise va garder la direction des enquêtes’ et Kinshasa n’a rien à cacher. "On ne donne pas d'ultimatum à un État souverain", précise  la Ministre Mushobekwa à l'expiration de l'ultimatum du Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme qui avait indiqué mardi qu'il attendait "des réponses appropriées du gouvernement (congolais) ce jeudi 8 juin concernant une enquête conjointe", en assurant qu'il insisterait "sur la création d'un mécanisme d'enquête internationale pour le Kasaï". L'engagement de Kinshasa n’est qu’une réponse à cet ultimatum.

"Depuis trois mois, la justice congolaise travaille conjointement avec le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l'Homme (BCNUDH) et la mission de l'ONU en RDC (Monusco) qui représentent la communauté internationale", a indiqué Mme Mushobekwa faisant allusion à la menace de l'ONU de mettre en place une enquête internationale.

"La RDC sollicitera l'expertise du BCNUDH ou des médecins légistes lorsque les besoins se feront sentir", a indiqué Mme Mushobekwa

Pour rappel deux experts des nations unies ont disparu en mars dernier dans la région du centre de la RDC et leurs corps avaient été  retrouvés dans une fosse commune.

 Kinshasa avait toujours refusé.

Cela faisait trois mois que le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme demandait qu'une commission d'enquête du Conseil soit mise sur pied sur ces violences qui durent depuis plusieurs mois dans ces provinces où l'Onu et des ONG disent avoir découvert plusieurs charniers. Mais Kinshasa avançait toujours des arguments.

Lundi l'ambassadrice américaine aux nations unies a appelé l'ONU à créer une commission d'enquête spéciale pour établir les circonstances dans lesquelles les deux experts de l'Onu -une suédoise et un américain -avaient disparu.

Depuis septembre, la région du Kasaï est secouée par la rébellion de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué en août 2016 lors d'une opération militaire après s'être révolté contre les autorités de Kinshasa.

Selon l'ONU, ces violences ont fait plus de 400 morts et causé le déplacement de 1,3 million de personnes. Un député d'opposition de la région a évalué le bilan à plus de 3.000 morts. Dans les provinces du centre de la RDC, l'ONU a dénombré 40 fosses communes.

Deux procès sont ouverts, le premier à Kananga capitale du Kasaï centrale sur l'assassinat en mars de l'Américain Michael Sharp et la Suédo-chilienne Zaida Catalan, deux experts missionnés par le secrétaire général de l'ONU pour enquêter sur les violences dans la province du Kasaï-central.

Le second procès a débuté lundi à Mbuji-Mayi capitale du Kasaï-oriental voisin, sur une vidéo supposée avoir été tournée dans le village de Mwanza Lomba, montrant ce qui parait être un massacre de civils armés de bâtons par des militaires.

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